En Picardie aussi on peut faire tout ce qu’on aime. Aller se balader en short sur les chemins vicinaux. Faire une super fête avec ses amis dans son salon. Et puis pourquoi pas faire le déplacement pour aller voir des artistes sur scène au mois de mai. Le samedi 30 mai d’ailleurs pour être exact. Un samedi. Ca tombe bien : en général on bosse pas le samedi.
Préparation obligatoire, le choc va être rude. Cette année on n’a pas fait dans la dentelle, disons qu’on a bien fait les choses même, essayé de projeter le truc loin, très loin. Qu’on a souhaité vous proposer le meilleur, histoire qu’on ne dise pas que les bonnes choses n’arrivent qu’ailleurs, à Paris, Barcelone ou San Francisco. Il y a Beauvais aussi et vous direz ce que bon vous semblera c’est comme ça. Beauvais, the place to be?

L’amour du bon son nous a donc poussé à aller au plus fort afin de faire de cette édition 2009 un événement sans précédent. Pour ça on s’est concentré très fort, on a même fermé les yeux. On a ressorti l’artillerie et les amulettes : nos t-shirt élimés de Can et Kraftwerk, nos disques d’Howlin’ Wolf et de Richard Hell, nos dubplates Digital Mystikz, nos vieilles Reebok et nos secousses-souvenirs des grosses claques live qu’on s’est prises à droite à gauche de la planète.
Puis on a commencé à réfléchir à l’artistique. Le résultat est un plateau qu’on pourrait croire bordélique. En fait pas du tout ! Juste un peu, aussi enthousiaste qu’éclectique. Revival sixties, grosses guitares et garage-rock fiévreux, je suis sur que Cream et Lester Bangs seraient venus faire un papier sur Mix Up. Et qu’en plus ils auraient découvert des trucs de dingues.
Des groupes ricains gras et pêchus (Radio Moscow, The Intelligence), des fusions extraordinaires et bruitistes entre Japon, Pays-Bas et Allemagne, de la mélodie quand même et de la sueur for sure. On aime le rock’n’roll c’est clair, on en bouffe au petit déj. Mais disons qu’au dîner on aime la variété, dans le sens de la différence : ghettotech made in Italie (Congorock), gros dubstep warrior allumé et zoom londonien club (Rusko), hardcore technoïde tapageur (Manu Le Malin) ou expériences post-modernes free (69Db), le 30 Mai c’est aussi la proposition d’une nuit électronique un peu jamais vue, jusqu’à tôt le matin.
C’est aussi la réouverture de la Fun House des Stooges et du MC5, le tapissage dangereusement noisy et enlevé de Marvin ou Cheveu et la gestation d’un festival qui fait de la musique déjantée chère à Captain Beefheart ou aux Stones des premiers temps une pièce de notre échiquier, aux côtés des rois The Ex, Reine Battant ou autres fous-follets dDamage. Un jeu mettant en place des interactions locales et internationales, faisant se côtoyer en Picardie le Japon, l’Angleterre, l’Ethiopie, l’Allemagne et les Etats-Unis. Vous en conviendrez, ça tue. Mix Up c’est avant tout la fête, je vous le disais. Après c’est juste un tout petit peu plus grand et convivial que dans votre salon, voilà tout.

 

Lucas Blaya,

programmateur du Mix Up Festival